Préoccupations majeures des cédants
Un employé d’une société de développement économique soulevait récemment la question des cédants : « Nous avons souvent l’habitude de travailler avec le releveur potentiel, mais de plus en plus, nous voyons que le cédant désire faire partie du processus ». Il se demandait comment prendre ces cédants en considération dans le processus de relève.
Je crois que le cédant doit faire partie intégrante du processus. Il fait partie de l’équation. Ses premiers besoins d’accompagnement apparaissent avant même l’arrivée des repreneurs. La période de sensibilisation et de réflexion, qui peut s’échelonner sur plusieurs années avant l’enclenchement du transfert, aurait avantage à être stimulée par des rencontres et des discussions avec des conseillers proches pour le rassurer devant l’inconnu que représente pour lui cette étape importante de ses vies personnelle et professionnelle. Ses besoins subséquents diffèrent aussi de ceux des repreneurs et peuvent être moins évidents ou faciles à combler.
Le repreneur a besoin de support d’abord pour la transaction, puis, éventuellement, pour la gestion. Les comptables, fiscalistes, financiers et avocats vont lui être utiles pour négocier et structurer une transaction viable, dont le prix sera juste, la fiscalité équitable et le financement réalisable. Il aura généralement moins besoin de support psychologique ou de planification financière pour assurer ses vieux jours. Cependant un coach ou un mentor seraient sûrement bienvenus pour les premiers mois de sa présidence.
Le cédant a aussi besoin d’être accompagné aux fins de la transaction. Il n’est pas plus familier que le repreneur sur les aspects fiscaux, légaux et financiers d’une telle transaction. C’est vraisemblablement une première pour lui aussi.
- Il voudra s’assurer de maintenir son rythme de vie d’avant la transaction.
- Il devra être guidé sur le prix de vente pour faire en sorte qu’il n’effraie pas les repreneurs éventuels avec des attentes trop grandes. Ou qu’il n’avantage pas indûment les membres de sa famille grâce à un escompte important sur le prix incitant les autorités fiscales à le considérer comme un avantage imposable de toute façon.
- Il voudra de l’aide pour déterminer les termes et conditions de sa participation éventuelle au financement, sous forme de solde de prix de vente ou autre.
- Il faudra bien encadrer sa cohabitation avec le repreneur, qui pourrait s’échelonner sur plusieurs mois voire plusieurs années, et au cours de laquelle doit se réaliser la transmission du pouvoir et du savoir-faire.
- Son rôle exact dans l’entreprise durant cette période devra être bien défini.
- Un échéancier précis devra être établi et respecté quant au rythme du transfert de ses responsabilités et de son savoir-faire.
Il devra vraisemblablement aussi être accompagné dans la planification de sa vie post-transaction Mais comme il est de moins en moins question de la retraite du chef d’entreprise mais plutôt d’un changement graduel de son rôle, plusieurs cédants désirent continuer à être impliqués dans l’entreprise après leur retraite que ce soit à titre de conseiller, de mentor, de consultant ou de membre du conseil d’administration.
Ils seront donc partie intégrante de l’équation pendant encore quelque temps. Mieux vaut planifier leur présence.


